Dans un resto, une tablée d’anciens de Cossette.
Un party de bureau, en moins nombreux.
J’entre dans la tablée comme un verbe dans une phrase.
Je suis assis entre Georges et Daniel. Nicole, Michel, Pierre et Gilles complètent le tour de table. Le dos de l’ami Normand médias l’enjoint de rester à la maison.
Des gens du développement des affaires, de la planification et du service conseil, de la production électronique, de la création, du design et des relations publiques.
Il ne manque qu’un briefing, un mandat, pour développer une campagne de communication.
Sujets, verbes, compléments, mais pas dans l’ordre.
J’ai connu tout ce beau monde à la fin des années 80.
L’agence trônait au 1558, avenue Docteur-Penfield, dans les anciens locaux du consulat américain, à Montréal.
C’était un campus de quatre ou cinq bâtiments. Cossette, service conseil et création, Graphème design, Optimum relations publiques, Impact recherche, Geyser recherche de noms.
Tout le monde aimait travailler à l’agence.
Le matin, j’entendais des trompettes en marchant l’allée.
Un sentiment collégial chaque jour. Avec les clients et les partenaires extérieurs. Créatifs, musiciens, réalisateurs, comédiens, producteurs. J’ai apprécié ce sentiment d’une époque, au point de l’emporter lors mon départ.
Le mandat donné aux créatifs était simple et pas simple. Trouvez des idées. Ne vous limitez pas. Vous avez droit à l’erreur. Écrivez autre chose que de la pub.
Cossette conjugue au présent et à l’impératif.
À force de répéter ces injonctions comme un mantra, l’horizon devient une façon de penser.
On me demandait ce que je pensais.
Et les partys Cossette. Les meilleurs au Canada, dixit mon ami Normand Chiasson.
À l’époque, j’aurais été assis entre Georges et Daniel pour un mandat Air Canada, genre.
J’ai rendez-vous avec ce sentiment ce midi, à la tablée.
Il est question de voyage dans l’Arctique, d’associés de l’agence, de projets, de société, de communication, de culture, de politique et de vin blanc.
Il y a quelque chose de Schwartz’s Deli dans le style de Cossette.
Chez Schwartz’s, assis entre un prince et un voyou, nous sommes tous égaux, face à une assiette de smoked meat, cornichons, frites.
Le sandwich tient le rôle du plan d’affaires. Toujours devant.
Chez Cossette, le sandwich, c’est l’idée.
La tablée sert de rendez-vous.
Et la table, de trait d’union.
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